La/the route

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Tuesday, April 3, 2018

Indonésie et son accessibilité/Indonesia and it's accessibility

Il était une fois, un ministre du tourisme indonésien qui regardait des statistiques en se demandant pourquoi tant de yacht de croisières passaient par ses eaux à chaque année sans jamais s’arrêter. Après tout, il s’y trouve de belles choses à voir. En cherchant un peu, il a découvert qu’outre la réputation d’être un lieu de piraterie, les démarches administratives lourdes et compliquées ainsi que la corruption des officiels décourageaient les navigateurs. En effet, les seuls (ou presque) qui choisissaient d’y arrêter étaient ceux qui pouvaient payer quelques centaines de dollars Australien pour participer à un rally; « Sail Indonesia » ou « Sail 2 Indonesia ». Les organisateurs sont des agents indonésiens alors, ils s’occupent de toute la paperasse. Le regroupement de plusieurs bateaux, permettait aussi de contrer les attaques possible de pirates. Par ailleurs, il restait les officiers corrompus et, comme il fallait s'arrêter à chaque port sur son chemin pour s’enregistrer, cela faisait beaucoup d’officiers à payer. Pour tous les gens qui n’avaient pas un gros budget ou qui n’aimaient pas se promener en groupe, le mieux était de continuer son chemin jusqu’en Malaisie ou Christmas Island pour ceux qui traversaient l’océan Indien. 

Alors, notre copain le ministre qui voulait plus de visiteur a décidé, il y a quelques années déjà,  qu’il était temps de tout chambarder mais, la nouvelle de ce changement prend du temps à se propager. D’ailleurs, nous avons hésité longtemps avant d'entreprendre ce parcour. Après avoir lu quelques blogs récents de navigateurs qui ont tenté l’aventure mais, étant toujours un peu septique, nous avons décidé de nous lancer sans participer au rally pour voir. Es-ce que ce fut un succès? Et bien, oui et non… mais, plus oui.

Tout d’abord, tous les vieux officiers qui avaient la mentalité de corruption bien enracinée ont été mis à la retraite. Ensuite, les nouvelles recrues ont été formées à ne pas prendre de pot de vin. Une unité spéciale pour combattre la corruption a été mise sur pied et les agents crapuleux dénoncés. Finalement, le besoin d’arrêter à chaque port  pour s’enregistrer a été aboli. Une visite des officiers à l’entrée et à la sortie du pays sont maintenant suffisantes. Le bureau de douanes du port d’entrée aura la responsabilité de nous suivre pendant notre séjour et pourrait demander des nouvelles par courriel. De plus, un émetteur AIS est obligatoire et peut être vérifié aux principaux ports d'entrée. Les agents prennent le tout très aux sérieux et vont même jusqu’à prendre des photos quand ils visitent les bateaux à l’entrée. Voilà un premier point de réglé.

Nous faisons parti des voileux qui n’aiment pas se balader en gros groupe. Comme nous étions quand même septique pour la sécurité, nous avons navigué une bonne partie du chemin avec des copains. Mais, une fois que nous avons rencontré et discuté avec les locaux, nos inquiétudes ont disparus. On sentait même que de trouver de l’aide si il y avait un problème avec le bateau serait facile. Il y a des moments où nous réalisons comment nous sommes conditionné à avoir peur. Nous approchions un mouillage en après-midi quand une chaloupe de pêche vient droit sur nous à tout allure. À bord, deux hommes masqués qui sont assis et un troisième portant les habits traditionnels musulman se tient debout au centre. Pendant une seconde, on se dit: « Ça y est! Des terroristes! ». Ensuite, nous remarquons qu’ils n’ont pas d’armes. Une fois près du bateau, les deux hommes ont baissé leur masque et découvert d’énormes sourires. Ils nous envoient la main et montrent encore plus d’enthousiasme quand nous les saluons à notre tour. Avec des signes, ils nous demandent si nous allons nous ancrer près de leur île et nous montre des pouces vers le haut quand nous bougeons nos têtes de l’avant à l’arrière. Plutôt sympathique, les terroristes! En fait, les pêcheurs portent des foulards pour protéger leur visage du soleil.

Adieu au CAIT (Cruising Application for Indonesian Territory) qui n’est plus nécessaire! La paperasse est moins lourde mais il reste encore un peu de travail à faire. Les douanes ont créé un site web en anglais (https://yachters-indonesia.id) qui traduit ensuite toute notre  information en indonésien et crée un document qu’il faut imprimer et remettre à l’entrée. Un peu de patience car le site ne fonctionne pas toujours bien mais, on fini par l’avoir.  Les instructions se trouvent sur ce même site. Du côté de l’immigration, ils ont créé un visa touriste de 30 jours à l’entrée avec un possibilité d’une seule extension à 60 jours. Attention, l’extension n’est pas disponible dans tout les bureaux alors il est bon de s’informer où il faut arrêter pour en faire la demande. La santé et la capitainerie se font aussi sans trop de problème. Les agents de la santé vont possiblement vous forcer à acheter un carnet qui ne vous servira pas ailleurs car, il s’adresse au cargo. Il coûte seulement 10$. Jusqu’à maintenant, les changements ont fait que les démarches ressemblent à ce qui se fait dans les autres pays. De plus, les coûts ne sont pas extravagants. C’est ici qu’arrive le mais… 

Le tout ce complique si nous voulons rester plus de 60 jours. En allant dans un consulat Indonésien dans un autre pays avant d’arriver, il y a moyen d’obtenir un visa de 60 jours renouvelable ensuite par tranche de 30 jours jusqu’à 180 jours. Les fonctionnaires au Timor oriental étaient très pointilleux. La liste des documents à fournir est assez longue et il ne faut surtout pas en oublier un. Oui, la photo de passeport doit absolument avoir un fond rouge! De plus, il faut vite se mettre dans la tête que chaque membre de l’équipage doit présenter un dossier séparé. Alors, il ne faut pas arriver avec une seule copie des enregistrements du bateau ou avec les deux passeports sur la même photocopie par exemple. Il faut aussi une lettre d'un commanditaire. C’est un drôle de concept où il faut qu’un Indonésien confirme que nous sommes de bonnes personnes. Mais, comment connaître un indonésien sans avoir mis les pieds dans le pays? Alors, il faut payer un agent pour qu’il écrive une gentille lettre et envoie une copie de sa carte d’identité. Ruth qui vit à Bali est donc devenue une copine instantanée quand nous lui avons envoyé environ 50$ US par PayPal en communicant avec elle par courriel (info@islemarine.com). Pour rendre le tout plus loufoque, elle va aussi nous demander de signer une lettre comme quoi elle n’est pas responsable de nous si jamais nous sommes des méchants. Un peu inutile comme procédure. Quand nous sommes allés au bureau de Lombok pour faire une demande d’extension, le directeur est venu discuter avec nous. Il nous a expliqué qu’un projet est en cours pour que les demandes se fassent via un site internet. Celui-ci n’est pas encore tout à fait au point. Il est donc probable que la demande de visa devienne plus simple dans un futur proche. 

La liste:

1. Formulaire d’application du visa rempli (disponible au consulat)
2. Lettre du commanditaire et photocopie de sa carte d’identité. 
3. Lettre d’intention qui explique où vous pensez arrêter. 
4. Copie de l’enregistrement du bateau
5. Copie du formulaire rempli sur le site web des douanes.
6. 2 Photos de passeport avec fond rouge
7. Copie du passeport et passeport qui doit être valide pour au moins 6 mois. 
8. Preuve de revenu ou de capital suffisant pour vivre pendant la durée du séjour sans travailler.
7. Environ $50 USD en monnaie du pays où se trouve le consulat. Voir application pour montant exact. 

Finalement, ce que le nouveau site des douanes ne partageaient pas est que ce ne sont pas tous les ports d’entrée qui procèdent en utilisant le nouveau document. Dans la liste des ports trouvés sur Noonsite (http://www.noonsite.com/Countries/Indonesia), seulement ceux avec un astérix s’y conforment. Dans notre ignorance, nous avons été à Maumere qui, oups, n’a pas de petite étoile. L’entrée c’est fait sans trop de souci même si toutes les procédures des quatre bureaux jumelés ont pris un bon 12h. Quand même moins long que pour ceux qui ont participé au rally car nous étions un seul bateau et eux, se sont présentés à plus de 60 voiliers en même temps. C’est à la sortie que les employés de Nongsa point marina ont bien profité de nous. Vu que nous n’avions pas fait les bonnes démarches à l’entrée, il nous ont chargé des frais d’agent pour clarifier la sortie. Par ailleurs, une fois que nous nous sommes fait prendre, nous avons averti les copains qui n’étaient pas encore arrivés car ils étaitent entrés par Maumere aussi. Ils se sont redirigés vers la ville principale de l’île Bintan à côté et ont pu démêler la paperasse par eux même sans payer de frais supplémentaires. En fait, notre erreur a été d’aller à la marina qui est trop loin des bureaux de la douane. Tous les fonctionnaires rencontrés ce sont fait un plaisir de nous aider alors c’est bon d’aller les voir directement. 

Le trouble a valu la peine car nous avons grandement apprécié notre visite. Nous pensons même repasser par là l’année prochaine.  Je parlerais plus de ce que nous avons vu dans mon prochain article. Pour le moment j’arrête car je commence à faire des ampoules au bout des doigts!

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Once upon a time, an Indonesian tourism minister was looking at statistics and wondering why so many cruising yachts were passing through his waters every year without ever stopping. After all, there are beautiful things to see. After searching a little, he discovered that besides having a reputation for piracy, the heavy and complicated administrative procedures as well as the corruption of the officials discouraged the navigators. Indeed, the only ones (or almost) who chose to stop there were those who could afford a few hundred Australian dollars to participate in a rally; "Sail Indonesia" or "Sail 2 Indonesia". The organizers are Indonesian agents so they take care of all the paperwork. The grouping of several boats also help to counter possible pirate attacks. Moreover, there remained the corrupt officers and, since it was necessary to register ourselves at each port along the way, that meant may officers to pay off. For all those who didn’t have a big budget or who didn’t enjoy group sailing, it was best to continue either to Malaysia or Christmas Island for those on their way to the Indian Ocean.

So our friend, the minister who wanted more visitors, decided a few years ago that it was time to turn things around but, the news of this change is taking time to spread. We hesitated a long time before taking this path. After reading some recent blogs from others sailors who have tried the adventure but, being still a little skeptical, we decided to visit without being part of a rally and see what happens. Was it a success? Well, yes and no ... but more yes. 

First of all, the old officers who had a well engrained corruption mentality were asked to retired. They were replaced by  new recruits trained not to take a bribe. A special anti-corruption unit was created and villainous agents are denounced. Finally, we no longer need to stop at each port along our path. A visit of the officers when entering and leaving the country are now sufficient. The customs office at the port of entry will be responsible for following us during our stay and may request news by email. In addition, an AIS transmitter is mandatory. The agents take everything very seriously and even take pictures when they visit the boats at the entrance. Well, first point of settled.

We are part of the sailors who do not like to sail around in a big group. As we were still skeptical about our safety, we sailed a good deal of the way with some friends. But, once we had spent some actual time in the country and talked with the locals, our concerns disappeared. We even felt that we would surely find help if anything went wrong with the boat. There are times when we realize how we are conditioned to be afraid. We were approaching an anchorage in the afternoon when a fishing boat comes straight for us at full speed. On board, two masked men seated at each end and a third wearing traditional Muslim clothing standing in the center. For a second, we think, "That's it! Terrorists!" Then we notice that they have no weapons. Once near the boat, the two men lower their masks to uncover huge smiles. They wave their hands and show even more enthusiasm when we wave back. With signs, they ask us if we are going to anchor near their island and show us « thumbs up » when we motion yes with our heads. Rather friendly, the terrorists! Actually, fishermen wear scarves to protect their face from the sun.

Goodbye to the CAIT (Cruising Application for Indonesian Territory) which is no longer needed! The paperwork is much less burdensome but there is still a little work to do. Customs has created a website in English (https://yachters-indonesia.id) which translates all our information into Indonesian and creates a document that needs to be printed and handed over at entry. A little patience because the site doesn’t always work well but, we got it eventually. The instructions can be found on the same site. On the immigration side, they created a 30-day tourist visa on entry with the possibility of a single extension to 60 days. Carefull, the extension is not available in all offices some planning is required. The health and Port Captain’s offices are also visited without problem. Health agents may force you to buy a book that will not be used elsewhere because it is made for the cargo ship. It costs only $10. So far, the changes have made the process similar to what is happening in other countries. Moreover, the costs are not extravagant. This is where the « but » comes…

It gets more complicated if we want to stay more than 60 days. When going to an Indonesian consulate in another country before arriving, we can obtain a 60-day visa renewable every 30 days after for up to 180 days. The officials in East Timor were very picky. The list of documents to provide is quite long and nothing should be forgotten. Yes, the passport photo must have a red background! In addition, each member of the crew must submit a separate application. So do not arrive with a single copy of the boat registration or with both passports on the same photocopy for example. You also need a sponsor letter. This is a strange concept where an Indonesian has to confirm that we are good people. But, how to make an Indonesian friend without having set foot in the country?  You pay someone to write a nice letter and send a copy of their identity card. Ruth, who lives in Bali, became an instant girlfriend when we sent her about US $50 via PayPal after emailing her (info@islemarine.com). To make the hole procedure  even more useless, she asked us to sign a letter stating that she is not responsible for us if we turn out to be bad guys. When we went to the Lombok immigration office to apply for an extension, the director came to talk to us. He explained that a project is under way to let us  apply for visas online. It’s still has bugs that need fixing. It is therefore likely that the visa application will become simpler in the near future. 

The list:
1. Completed visa application form (available at the consulate)
2. Sponsor's Letter & Photocopy of the Sponsor's ID Card.
3. Letter of intent that explains where you will stop and what are you plans.
4. Copy of the boat registration.
5. Copy of the completed form on the Customs website.
6. 2 passport photos with red background
7. Your passport and a photocopy of it. It must be valid for at least 6 months.
8. Proof of income or capital sufficient to live for the duration of the stay without working.
7. Approximately US $50 in local currency. See application for exact amount.

Finally, what the new custom’s web site did not share is that not all ports of entry proceed using the new document. In the list of ports found on Noonsite (http://www.noonsite.com/Countries/Indonesia), only those with an asterix comply. In our ignorance, we sailed to Maumere who, oops, has no little star. We didn’t have much trouble with the entry even if all four offices took a good 12h to visit. Still, that was less than for those who participated in the rally because we were only one boat and they showed up all 60 sailboats at once. It is upon exiting at Nongsa point marina that the experience became costly. Since we had not gone to a proper port of entry, they charged us an agent fee to clarify the exit. We got caught but we warned our friends who had not arrived yet and had entered by the same port. They rerouted to the main town of Bintan Island next door and were able to sort the paperwork themselves in the customs office without paying any additional fees. In fact, our mistake was to go to the marina which is too far from the customs offices. All the officials we meet were happy to help us so it's good to go see them directly.


The trouble was worth it because we greatly enjoyed our visit. We’re even thinking about going back next year. I will talk more about what we saw in my next article. For the moment, I will stop because I'm starting to have blisters on my fingertips!

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