La/the route

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Thursday, November 2, 2017

Procédures d’entée et de sortie des pays.

Suite à mon article sur l'Administration d'un départ, je vous imagine en train de farfouiller sur le site web de voyage du gouvernement Canadien ou sur celui de France Diplomatie pour vérifier si vous avez besoin d'un visa pour le ou les pays dont vous rêvez de visiter. Quoique l'information sur ces sites est très pertinente, elle reste incomplète car elle s'adresse aux gens qui voyages en avion. Nous, les privilégiés, avons choisi de voyager et vivre sur notre bateau. Ceci implique plusieurs procédures supplémentaires. Le livre de Jimmy Cornell; Escales de grande croisière contient des informations utiles mais les procédures particulières changent plus rapidement que les éditions. Il a aussi mis sur pied un site web (en anglais) que les navigateurs mettent à jour selon leurs expériences. Je n'ai pas trouvé d'autre site gratuit et accessible à tous contenant un tel recueil de renseignements. L'idéal reste de chercher sur le net le site web du pays visité car de plus en plus, les pays créent des pages qui s'adressent directement aux plaisanciers.

Donc, qu'aurai-je de plus à écrire? Nous avons visité une trentaine de pays jusqu’à maintenant donc, je commence à avoir accumulé une certaine expérience qui me fait remarquer que tous les pays suivent à peu près la même logique. En connaissant ce fonctionnement et en ayant la paperasse habituellement demandée, il est possible de faire une entrée dans la majorité des pays sans problème. 

À qui aurez-vous affaires dans l'orde habituel:

Notez ici que dans certains pays, un seul douanier peut s’occuper de plusieurs des 4 premières tâches tandis que dans d’autres il faut visiter des bureaux différents pour chacune.
  • La Santé ou la Quarantaine: C'est pour eux qu'il faut hisser un drapeau jaune (Q Flag) dans les barres de flèches tribord à chaque arrivée dans un nouveau pays. Ils ont pour mandant de vérifier que personne n'est malade ou mort à bord du bateau et qu'aucune maladie infectieuse ne pourrait être transmise aux gens à terre. Ils pourraient possiblement vous demander votre carnet de vaccins mais, cela ne nous ai jamais arrivé. Si vous avez des animaux à bord, c'est aussi eux qui vont vérifier leurs papiers et décider de leur sort (nous en avons pas donc nous ne pouvons donner plus d’info sur le sujet autre que c’est compliqué). Une fois leur visite terminée, vous pouvez baisser le drapeau jaune. Dans certains pays tel qu'au Fidji, les représentants des autres bureaux vont attendre ce signe avant de se déplacer pour vous rencontrer. 
  • La Biosécurité: Eux s'assurent que vous n'importez pas de bestioles indésirables. Si vous avez des coquillages accrochés à votre coque ou des coquerelles (cafards) qui courent dans vos équipets, ils pourraient vous forcer (à vos frais bien sûre) à sortir le bateau de l'eau pour un carénage ou à le faire fumiger. Dans certains pays tel que les Galapagos, ce genre de découverte peut coûter très cher. Ils vont aussi vous enlever toute nourriture qui représente un risque à leur agriculture d'une part et, d'autre part, tout item tel que du bois, des coquillages, de la terre, etc qui représentent un risque de contamination de l'environnement. En bonus, ils prennent vos ordures. 
  • L'Immigration: la majorité des pays vont vous donner un visa tourisme de 30, 60 ou 90 jours à l'arrivée. Quelques fois, c'est le douanier qui vas s'occuper de mettre l'estampe dans le passeport. Dans ce cas, c'est seulement si vous avez besoin d'une prolongation de visa que vous allez devoir discuter avec un agent de l'immigration. Les démarches pour obtenir cette prolongation vont varier d'un pays à l'autre. Par ailleurs, si vous faites une demande pour un visa de tourisme et que vous prouvez que vous avez suffisamment de fonds pour vivre dans leur pays sans travailler, elles devrait être assez facile à obtenir.
  • Certains pays vont demander d'obtenir un visa dans une ambassade à l'avance et, si c'est le cas, ce n'est vraiment pas une bonne idée de se présenter sans visa. Même en prétextant un bris sur le bateau. Nous avons rencontré un couple qui n'avait pas fait les démarches pour l'entrée au Brésil. Ils ont été renvoyés au Canada à leur frais et devaient revenir avec un visa dans les deux semaines en plus de payer une amende pour récupérer leur bateau. Jusqu'à maintenant, le Brésil est le seul pays qui demandait un visa à l'avance. Par ailleurs, pour avoir plus de 90 jours en Polynésie française ou 60 jours en Indonésie, il faut aussi faire des démarches auprès d'une ambassade avant d'arriver. 

  • La Douane: Ils s'intéressent à la valeur de votre bateau et tout ce qui se trouve à l'intérieur. Donc, ils vont, par exemple, vérifier si vous avez acheté trop de Abuelo (rhum) à Panama pour échanger contre des sculptures aux Marquises. Chaque pays à ses limites pour l'alcool et le tabac. La plupart des douaniers ne vérifient pas trop si nous dépassons ces limites car ils savent que c'est pour notre consommation personnelle. Certains vont même dire que c'est correct du moins que tout reste à bord. N'empêche qu'un douanier zélé peut tout confisquer ce qui n'a pas été déclaré si le coeur lui en dit. Si vous avez déclaré plus que les limites ils pourraient soit mettre les biens sous scellé ce qui vous empêchera de boire vos bonnes bouteilles pendant votre séjour dans le pays soit, vous faire payer une taxe d'importation. De plus, tout matériel laissé dans le pays est sujet à des taxes d'importation alors à faire attention si vous pensez vendre quelque chose qui se trouvait sur votre bateau à l'arrivée. Sur le net VHF du matin à Trinidad, pendant les petites annonces, les navigateurs parlent de prix en "coconut" au cas où les douaniers seraient à l'écoute. Finalement, les armes à feux déclarées ont de bonnes chances d'être mis sous scellé jusqu'à la sortie. Ceci devient compliqué si la sortie n'est pas prévu au même port que l'entrée. 

  • Une fois les déclarations terminées, vous allez devoir faire une importation temporaire de votre bateau. Le nombre de temps alloué pour laisser un bateau dans un pays sans payer de taxes d’importation varie énormément d'un pays à l'autre. Par exemple, c'est 18 mois pour toute l'Union Européenne et 10 ans pour le Mexique. Il est important de bien faire la différence entre le temps alloué pour le visa et celui de l'importation temporaire car ce ne sont généralement pas les mêmes. Par exemple, quelqu'un m'a dit en Polynésie Française que les lois avaient changé et que nous pouvions maintenant rester 3 ans dans le pays. Euh, non. C'est la loi sur l'importation temporaire qui venait de changer donc notre Bidule avait le droit d’y demeurer 3 ans mais pour nous, les lois à l'immigration restaient les mêmes: 90 jours par 180 jours à moins d'avoir fait une demande de visa longue durée dans une ambassade avant l'arrivée. Une autre procédure, si jamais vous décidez de laisser le bateau et de sortir du pays par d'autres moyens, est de le faire mettre sous douanes. Au retour, vous demandez de retourner à une importation temporaire.  Pour ceux qui pensent vendre le bateau en chemin, si vous le vendez à un citoyen du pays où vous vous trouvez, il y aura des taxes d'importation à payer. Si vous le vendez à quelqu'un en transit, il va généralement devoir payer les taxes dans le pays où le bateau sera enregistré. Ça paraît peut-être bien compliqué mais, il suffit de partager vos plans avec l'agent de douane rencontré à l'entrée et il va vous donner les bons papiers à remplir et vous informer des délais. 
  • La Capitainerie ou Police maritime: il arrive souvent que les ports d'entrée sont aussi des ports commerciaux donc géré par des maîtres de port. Ils aiment bien recevoir un appel sur le 16 pour les avertir de votre arrivée. Ce qui les intéressent est de gérer le trafique qui se trouve sur leur territoire et récolter des frais de ports dans la plus part des cas. Ils aiment aussi vérifier que tous les papiers ont bien été remplis dans les bureaux précédents, au cas ou l'envie nous prendrait de sauter une étape ou deux.


De quoi vais-je avoir besoin?

Presque toujours:
Un passeport qui n'expire pas dans les prochains 6 mois pour chaque membre de l'équipage.
L'enregistrement du bateau
Une liste de l'équipage (crew list)
Le formulaire de sortie du pays précédent 
Pour plusieurs pays, les formulaires d'entré sont disponibles en ligne pour remplir à l'avance. Plusieurs pays du Pacifique demandent maintenant à ce que ces documents soient envoyés au moins 48h avant l’arrivée par courriel. 
Un stylo qui contient beaucoup d'encre.

Plus rarement:
Quelques administrations demandent un tampon propre au bateau ; mais cela est optionnel.
Licence radio VHF
Carnet de vaccins
Photos de passeport (surtout pour les prolongations de visa)
Photocopies des passeports, enregistrement bateau et crew list.
Un visa de tourisme avant l’arrivée 


Es-ce qu'il vas y avoir des frais?

C'est clair! Le processus est habituellement organisé pour vous donner la chance d’aller à la banque retirer de la monnaie locale car ils ne prennent que rarement les cartes de crédit. Donc, il n’est pas nécessaire d’échanger de l’argent avant d’arriver. Les plus demandant sont la santé et la biosécurité. Les frais de douanes varient beaucoup. L'immigration va souvent donner le premier visa gratuitement mais prendre des sous pour les prolongations. La Capitainerie peut exiger des frais de port souvent minimes. Il est difficile de savoir à l'avance combien il va falloir payer. Parmi les moins cher sont les départements ou territoires français (sauf la Polynésie). Si ma mémoire est bonne, nous avons payé 10$US de frais administratifs en Martinique par exemple. À l'autre extrême, les Galapagos avec un visa de 21 jours pour 1000$/US ou l'Australie avec un minimum de 270$ US juste pour la biosécurité. La consultation de sites web adressés aux plaisanciers est pratique pour ce genre d'information qui est porté à changer souvent. 

Comment ça vas se passer? 

Lentement! Si vous pensez que les bureaux ci-haut mentionnés vont être efficace et à la fine pointe de la technologie, vous n'avez pas été plus loin que les États-Unis. Dans biens des cas, il faut plutôt s'imaginer des bureaux rudimentaires avec des piles de papiers un peu partout. Certains vont sortir le papier carbone pour avoir plusieurs copies des formulaires à remplir. Vous ne vous imaginiez pas que ça existe encore, n'est-ce pas? Par ailleurs, les uniformes sont impeccable et ils s'attendent à ce que nous soyons aussi présentable. Il faut s'attendre à devoirs remplir plusieurs fois la même paperasse et que le processus soit long. Ça sera fini quand ça sera fini car perdre patience n’est pas de mise.

Ceci dit, nous n’aimons pas trop quand ils viennent fouiller à bord. Un petit truc pour garder la recherche courte; s'ancrer dans un mouillage un peu rouleur et fermer les écoutilles pour qu'il fasse bien chaud à l'intérieur. Ils débarquent avec des grosses bottines noires mais, des petits cœurs sensibles. Des teintes de vert vont apparaître sur leur visage assez rapidement les poussant à retourner dans le cockpit. 

 Il faut savoir que leur approche est souvent différente de celle dans nos pays occidentaux car ils ne vont pas directement au but. Quelques formules de politesses tel que demander si ça vas bien ou si ils ont des enfants s'imposent avant de remplir des formulaires. Un bonjour dans leur langue est aussi apprécié. Nous avons appris beaucoup de choses bien intéressantes en discutant avec eux.

Pot de vins ou politesse?

Non seulement quelques formules de politesses sont de mises au moment de rencontrer des agents mais s’ils s'installent dans le cockpit, ce n'est pas une mauvaise idée d'offrir quelque chose de non-alcoolisé à boire. Un simple verre d'eau fraîche peut être assez car l'idée est d'offrir comme de bons hôtes. D’ailleurs, vous remarquerez que dans les îles, quand vous débarquerez dans un village, la première chose que les gens qui vous accueil vont faire est de vous offrir quelque chose à manger ou à boire et ce, sans nécessairement s’attendre à quelque chose en retour. Rare ont été les demandes de pot de vins. C’est illégal dans la plus part des pays alors les demandes sont subtiles. Nous controns en faisant comme si nous ne comprenons pas. Au final, nous n’avons jamais payé de pot de vins.

Avons-nous le droit de débarquer avant d’avoir fait les papiers? 

Légalement, non. Dans la réalité, les agents viennent rarement à nous alors il faut aller vers les agents. Par ailleurs, aller les voir est quand même la première chose que vous devriez faire sous peine d’amendes pour ceux qui se font prendre. Des pays où il faut attendre à bord la visite des officiers; Galapagos, Nuie, Tongas, Fidji, Nouvelle-Zélande,  Australie et Etats-Unis (mais ce dernier dépend d’où). Nous n’avons pas visité toutes les îles des Antilles mais il fallait débarquer pour la plus part sauf à Cuba. Dans bien des endroits, les bureaux sont fermés les soirs et les fins de semaine alors il faut attendre l’ouverture à bord. D’autres font payer du temps supplémentaire en dehors des heures normales. Si vous attendez les heures normales pour débarquer mais que vous êtes honnête sur votre heure d’arriver, vous prenez la chance de payer des heures supplémentaires. Très peu ont un quai spécifique où il faut accoster le bateau pour faire les formalités. 

Et pour la sortie?

C’est rare d’avoir à retourner rencontrer les gens de la santé ou de la biosécurité. Par ailleurs, l’Immigration et la douane vont vouloir vous voir. Vous allez très probablement remplir les mêmes papier qu’à l’entrée mais en cochant sortie au lieu d’entrée dans le haut de la page. Apportez tous vos papiers et tous ceux qui vous ont été donnés à l’entrée. Le capitaine du port vas vouloir vous voir quand vous quitterez son port et non à la sortie du pays à mois que les deux se produisent en même temps. Si vous planifiez visiter plusieurs ports dans un même pays, on vas souvent demander que vous vous présentiez aux bureaux du Capitaine à chaque arrivé et à chaque départ. Les pays espagnols et portugais aiment particulièrement cette méthode de fonctionnement. 

Je dois acheter tous les pavillons de courtoisie à l’avance?

Pas nécessairement. Il n’y a pas de police qui vas vous coller une amende parce que vous n’avez pas hissé votre pavillon. Encore moins si vous attendez un jour ou deux le temps d’en trouver un dans un magasin. Tel que le nom l’indique, c’est une courtoisie mais, une qui est encore appréciée par les locaux. Je fabrique la plupart des miens avec une machine à coudre, des retailles de tissus et de la peinture acrylique. Mais si les motifs se compliquent, je l’achète sur place. C’est rare de ne pas trouver le pavillon du pays dans lequel on se trouve. Au pire, le cousin du beau frère du douanier en fabrique à la main (Si vous voyez ce que je veux dire.) Et, aller le rencontrer sera une aventure. 

La position des pavillons sur le bateau veut dire quelque chose alors pour ne pas offusquer plutôt que de flatter, hisser le bon pavillon au bon endroit n’est pas une mauvaise idée. Le pays d’enregistrement du bateau sur l’arrière et le pays visité dans la barre de flèche tribord. Si vous voulez soulignez une région d’un pays visité, tel qu’une province, un état, un territoire ou un département, celui-ci devra se trouver sous le pavillon du pays du côté tribord. Par exemple, le drapeau de la Martinique sous celui de la France ou celui de l’état de New York sous celui des États-Unis. Du côté de la barre de flèche bâbord se trouve tout le reste; pays d’origine de l’équipage (si autre que l’enregistrement du bateau), région de provenance de l’équipage (votre drapeau du Québec), club de voile, rally, ...


Et voilà notre expérience acquise jusqu’à maintenant. Il nous reste un autre moitié de la planète à parcourir alors l’apprentissage continue. J’espère vous avoir donné une bonne idée des marches à suivre même si elle est générale.

3 comments:

  1. Excellent texte de référence sur ce sujet que vous maitrisez fort bien. Continuez votre bon travail.

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  2. Beaucoup de renseignements importants. Merci!

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