La/the route

La/the route

Saturday, June 29, 2013

Hilo, Big Island, Hawaî, 06-06-2013 à/to 15-06-2013

For English see after the line

Aloha!
L'accueil des hawaïens à comparer aux panaméens, c'est comme passer d'une douche froide à un bain tourbillon. À Hilo, ils sont chaleureux, serviable, attentif et tout le monde se parle. Le premier soir, quand nous sommes allés nous gaver de queues de homard, de légumes frais, de vin, de bière et de brownies au chocolat avec crème glacé à la vanille, le tout bien mérité, le chanteur nous a donné son CD car il a dit qu'après 61 jours en mer, nous méritions bien quelque chose. Le lendemain, le marathon commence : trouver les douanes, aller voir Radio Bay pour comparer car nous sommes ancrés dans Reid's bay, trouver le harbour master, savoir où nous pouvons sortir le bateau pour faire des réparations, figurer comment fonctionne le système d'autobus, se connecter à l'internet, trouver l'alcool à brûler pour le poêle, le diesel pour le moteur, le propane pour le BBQ, le kérosène pour la chaufferette (pour l'Alaska brrr!) et la bouffe pour nos estomacs. Qui a dit que faire de la voile c'est relaxant?
Mr. Valdez aux douanes est sympathique et la procédure est beaucoup moins compliquée que ce que nous avions lu dans les guides. Pas d'inspection de bateau; juste quelques questions ; " il ne vous reste plus d'aliments frais, je suppose " nous a-t-il dit en nous lorgnant du coin de l'œil. Il nous prépare un " cruising permit " pour 19$. Celui-ci va être bon jusqu'à notre sortie de l'Alaska et tout ce que nous avons à faire maintenant est de téléphoner à la douane à l'arrivée dans chaque port. La dame au bureau du "Harbour master " est une mine d'or d'information et elle prend le temps de tout nous expliquer tout sur le port mais aussi les autobus et les magasins. Le reste des infos que nous obtenons nous viennent des autres navigateurs car j'arrête pour parler à tout le monde. Parmi eux, deux bateaux arrivent aussi de Panama. Un couple qui est parti un peu après nous à pris 68 jours et a passé deux fois dans le premier ouragan de la saison et l'autre, un navigateur solo, a pris 80 jours. J'peux tu vous dire qu'on se sentait bien de l'avoir fait en 61 jours dans les calmes!
Finalement, le port est loin de tout et l'autobus est pas très pratique alors nous décidons de louer une voiture pour trois jours. Nous avons téléphonés à la marina pourvue d'une grue à Honolulu et ils ne peuvent pas nous sortir de l'eau avant la fin du mois. Nous allons donc explorer l'autre côté de l'île pour voir s'ils ne peuvent pas faire plus vite au port de Kona. Ce qui va être le cas. Les deux autres jours sont passés à faire des courses. L'épicerie coûte plus de 900$ pour remplacer ce que nous avons mangé pendant la traversée (deux gros paniers pleins). Il faut mentionner que la nourriture coûte 25% plus cher ici que sur le continent. Pour ça, nous nous ennuyons de Panama! Nous découvrons aussi que toute les bouteilles de propane en fibre de verre (très populaire sur les bateaux) de la marque Light sont rappelées. Il y aurait des problèmes avec la coquille. Dans leur infinie gentillesse et puisqu'ils n'avaient pas de petite bouteille en aluminium à nous vendre, que nous avons la nôtre depuis 4 ans et ne voulant pas nous voir partir les mains vide vers l'Alaska, les messieurs de l'entreprise de propane nous l'ont quand même remplie. Ok, Je leur ai fait des beaux yeux! A travers tout ceci, nous avons quand même réussi à faire un peu de tourisme tel que manger une pizza hawaïenne sur le bord d'un cratère fumant.
Ce qui nous a le plus marqué à notre arrivée, sont les espaces verts de Hilo et le silence. Il y a des parcs partout avec d'immenses arbres et des cours d'eau. C'est vrai qu'il pleut beaucoup. À Hawaï pas de musique latine ou de Bob Marley à fond de caisse ; c'est très apaisant pour les tympans. Pas que j'ai quelque chose contre Bob mais il existe d'autres artistes! La musique d'ici est douce et nous berce. Vu que les gens sont tout aussi calmes, le retour parmi la vie des terriens n'a pas été trop difficile. Sauf pour Gaston qui a du se tenir à une clôture pour pouvoir marcher sur le quai de béton sans tomber.

Photos ici

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Aloha!
After the meeting the people from Panama, the welcome in Hawaii is like going from a cold shower to a hot bath. In Hilo, they are friendly, attentive and everybody talks to each other. The first night, when we went out to stuff our faces in lobster tails, fresh veggies, wine, beer and chocolate brownies with vanilla ice cream, all well deserved, the signer gave us a copy of his CD saying that after 61 days at sea, we deserved something. The next morning, the marathon started: find customs, go check out Radio bay since we are presently in Reid's bay, find the harbour master, find out where we can haul out the boat for repair, figure out the bus system, connect to the internet, find burning alcohol for the stove, diesel for the engine, propane for the BBQ, kerosene for the heather (needed in Alaska! Brrrr!) and food for our stomachs. Who said sailing was relaxing?
Mr. Valdez at customs was welcoming and the procedure was not as complicated as what was described in the guides although it could have been. We didn't get a boat inspection; just a few questions like after 61 days you don't have any food left, do you? He prepared us a cruising permit for 19$ and this will be good until we leave Alaska. Now we only have to call in each time we reach a new port. The nice lady at the harbour masters' office was a well of information. Not only did she explain to us the functioning of the port but she took the time to give us bus schedules and city maps on which she marked the places we needed to go. The rest of the information came from the other sailors because I would stop to talk to everybody. Among them, two boats came from Panama. One couple who left just after us took 68 days and ended up twice in the same hurricane. The other, a solo navigator, took 80 days. We were quite happy with our 61 quiet days!
It turns out that the port is far from everything and since we need to be efficient, we decided to rent a car for 3 days. We called the marina with a lift in Honolulu and they can't raise our boat out of the water until the end of June. So our first order of business it to go to the other side of the Big Island and see if they can do better at the harbour in Kona. This will be the case. The next two days are spent going from store to store to buy everything we need. To replace the groceries we ate during the crossing will cost us 900$ (two full baskets). The cost of food is about 25% higher here than on the continent. For that, we miss Panama! We find out that the brand "Light" of propane bottles in fibre glass which are very popular with boaters have been called back. Since we have had ours for 4 years, they didn't have anything left in stock to sell us and they didn't want us to leave for Alaska empty handed, the very nice and understanding men at the propane station, filled our anyway... for the last time... Ok! I batted my eye lids just a bit! Through all of this, we still managed to play the tourists a little like eating a Hawaiian pizza next to a smoking crater.
The two things that stood out when we arrived is how green Hilo is and how peaceful. There are parks everywhere with enormous trees and streams. It's true that it rains quite a bit on this side of the Island. No Latino music or Bob Marley playing so loud that the base vibrates your entire body! It's nice break for the eardrums. Not that I have anything against Bob but other artist do exist. Hawaiien music is soft and soothing. Since the people are also calm, the return among the earthlings wasn't too difficult. Except for Gaston, who had to hold on to the fence when we got off on the cement pier so he wouldn't fall over.

Pictures here

Thursday, June 6, 2013

Bidule : Traversée Panama-Hawaï, résumé

Date : Jeudi, le 6 juin 2013, 13h00 heure de Honolulu
Postition à l'arrivée à Hilo : 19°43,810'N 155°03,718'W
Nombre de jour en mer : 61
Miles parcourus : 5410 mn
Moyenne de miles par jour : 88 mn

Elle va nous avoir fait travailler jusqu'à la fin celle-là! C'était pourtant bien commencé, du moins pour les deux premiers jours, un vent nous a poussés loin de la côte du Panama. Mais ensuite, très peu ou pas de vent pour les 50 prochains jours. C'est dur sur le moral de ne pas voir le bateau avancer et d'entendre les voiles fouetter par manque de vent tandis que l'état de la mer suggérerait un vent de force 4. On a l'impression que toutes les coutures vont finir par céder. Même au portant, nous avons eu beaucoup d'exercice de changement de voilure; monte le spi, descend le spi, tangonne le génois, enlève le tangon, monte la GV, baisse la GV, passe la voile au largue, retourne au vent arrière avec le tangon, plus de vent, tangonne le spi, enlève le tangon, … Par ailleurs, le paysage avec ses nuages de coton, une mer d'un bleu indescriptible, le soleil rayonnant et le ciel dégagé donnait envie de chanter le thème du Club Med. Pendant les 12 derniers jours, notre moyenne de vitesse a beaucoup augmentée. Une fois la zone de convergence intertropicale passée, nous avons eu droit à une moyenne de 15 à 20 nœuds de vent en plus des rafales. Est-ce que nous pouvons dire qu'elle était vraiment passée? Nous avons subi grains par-dessus grains jusqu'à la fin. Étant vent-de-travers et grand-largue, le bateau devenait trop ardent dans les rafales et trop mou quand le vent se calmait. Beaucoup d'ajustement de cap. Disparue la météo de vacances. Nous nous sommes réfugiés à l'intérieur pour éviter les paquets de mer et la pluie. Ce qui a été le plus frustrant était de ne pas pouvoir se fier sur l'information météo. Plus ils annonçaient du vent au sud de la zone de convergence, moins il y en avait. Comment savoir où aller pour avoir du vent? De plus, le " pilot chart " pour le Pacifique Nord indique qu'à cette période de l'année, les chances de pétole sont de 1% où nous nous trouvions. Non mais, faut-tu être chanceux pour tomber dans le 1% à 99% du temps? Au nord, on ne voyait pas toutes les dépressions sur nos cartes météos non plus. Un gros merci à ceux qui nous ont fourni de l'information pendant la traversée; Le trio de réseau du Capitaine; Nicole, Pierre et André, Claude (VE2AXY), les sœurs à Gaston et leur conjoint; Danielle et André ainsi que Nicole et Marcel.

En général, le moral à bord est quand même resté bon quoique qu'il y ait eu quelques moments de crise. Un soir, par pur découragement, nous avons tout affalé les voiles et sommes allés nous coucher. Le sommeil a été tellement profond que nous avons passé tout droit pour le Réseau du capitaine. Vous vous demandez peut-être : Pis les cargos et les bateaux de pêche? Quel cargo et bateaux de pêche? Sauf pour une nuit ou nous nous sommes retrouvés entouré d'une quinzaine de gros bateaux de pêche japonais, nous avons à peine remarqué l'existence d'autres bâtiments sur l'eau. Si nous restons éveillés, c'est surtout pour ajuster les voiles. Par ailleurs, faute de bateaux, nous avons eu la visite d'un beau gros requin, d'un troupeau d'une douzaine de baleines pilotes, d'un énorme banc de dauphins ainsi que de dorades (Mahi-Mahi) de couleur arc-en-ciel qui nageaient le long de la coque. Pendant un autre 24 heures, nous avons mis le cap sur les Marquises. Après 40 jours sans vent, nous en avions ras le bol! Ensuite le vent est revenu, un peu, et nous avons décidé que tant qu'à s'être déjà battu pendant tout ce temps, aussi bien continuer. L'erreur que nous faisons souvent est d'avoir un échéancier. Prendre 60 jours pour aller à Hawaï en tant que la destination finale n'est pas un problème. Par contre, notre projet étant de nous rendre à temps à Hawaï pour prendre la fenêtre météo vers l'Alaska avant juillet, car c'est la saison des typhons, nous donnait un échéancier autrement rigoureux. Cela nous ajoutait le stress d'avoir à avancer même pris dans une zone sans vent et d'user du carburant pourtant bien rationné. D'ailleurs notre visite d'Hawaï va devoir être très courte.
La bonne nouvelle est que nous n'avons subi ni blessure, ni maladie, ni bris majeur. Notre radar fonctionne de façon intermittente. Nous sommes en contact avec un fournisseur Furuno à Honolulu pour obtenir des pièces. Il n'était pas d'une grande utilité pour cette traversée mais va devenir nécessaire près des côtes de l'Alaska vu le risque élevé de brouillard. A un certain moment, nous devions éponger la cale aux heures. Nous avons découvert trois voies d'eau. Une connue est le joint de l'arbre d'hélice. L'installation n'est pas idéale. Nous allons essayer d'y remédier sous peu. En attendant, Gaston s'est fait des courbatures pour le changer. Une chance que nous en avions un autre en attente sur l'arbre. Nous avons découvert que nous avons un évent sur le circuit de la pompe de calle qui se retrouve sous la ligne de flottaison et qui fuyait si nous gîtions à bâbord (Ça n'arrive pas souvent faut croire). Pour éviter qu'il coule nous l'avons tout simplement bouché car la sortie finale est munie d'un col de cygne. Finalement, un collet de serrage sur le tuyau de la pompe qui vide l'évier de cuisine c'est brisé et a été remplacé. La cale est sèche depuis ce temps. Les bernacles que nous avons affectueusement surnommé les ta-bernacles qui se sont collé sur notre coque vu notre manque de vitesse fulgurante, nous ont non seulement ralenti pendant tout le voyage mais elles se sont amusées à boucher nos passe-coques. L'eau pour rincer la toilette était particulièrement difficile à pomper. Malgré une couche de peinture antisalissure assez récente, nous semblons avoir une réserve faunique sous la coque. Gaston a bien essayé de leur déclarer la guerre à l'aide de la gaffe sur laquelle il a fixé un grattoir mais c'est elles qui ont gagné.
Nous n'avons pas manqué d'électricité. Notre éolienne se converti en hydro-générateur et nous avons mis celui-ci à l'eau. Au portant, il est plus efficace que l'éolienne avec seulement 3 nœuds de vitesse. Combiné avec les panneaux solaires, nous avons suffisamment d'énergie même pour faire de l'eau. Notre petit désalinisateur fourni assez d'eau pour nos besoins quotidiens en mode économie. C'est-à-dire que la vaisselle, les douches et le lavage sont faits à l'eau salée. Par ailleurs, vu que celui-ci a déjà arrêté de fonctionner en traversée entre le Sénégal et le Brésil, nous avions des bouteilles d'eau minérale cachées un peu partout. Toutes les provisions de nourriture ajoutées au bateau avant le départ avaient fait baisser la ligne de flottaison. Nous ne mangeons plus de frais depuis longtemps mais il nous reste encore de quoi manger. Au pire, on aurait toujours pu ouvrir le radeau de survie pour aller chercher les biscuits de mer de secours. Les poissons ne mordaient pas à part une dorade au début. À la vitesse que nous allions, ils avaient le temps de bien observer le leurre et rire de nous! Gaston, le super chasseur, a réussi à nous harponner trois des dorades qui nageaient le long de la coque. Pour le diesel, ce n'est pas compliqué, on en a plus. Nous nous étions servi un peu du moteur au début pour aller chercher du vent. Ensuite, nous avons fait une première tentative pour traverser la zone de convergence près du 130?W mais la zone c'est allongée vers le nord à mesure que l'on progressait et un courant défavorable ainsi que les " ta-bernacles " nous permettaient une vitesse d'a peine 3,5 nœuds ; alors nous avons laissé tomber. Finalement, nous avons fait un dernier essai qui a été concluant quelques degrés plus loin faisant rouler le moteur jusqu'à ce qu'il étouffe. Le dernier 20 litres qu'il nous restait dans un jerrycan, nous l'avons gardé pour l'entrée au port.
J'ai répondu ci-dessus à la plupart des questions qui nous avait été posées par courriel mais celle que j'ai préférée était adressée à Gaston; comment il a fait pour me convaincre de faire plus de 5000 miles nautiques pour me rendre à Hawaï. J'ai un petit secret, c'est mon idée d'aller en Alaska. Je serais bien mal placée pour me plaindre que c'est trop long. J'aime la mer et je me sens bien ici. De toute façon je n'ai pas beaucoup de mérite car je ne souffre pas des maux dont plusieurs des femmes de navigateur m'ont dit être affligées; le mal de mer, la peur et l'ennui. Le mal de mer pour moi n'est qu'un problème passager. Il m'arrive souvent d'en souffrir légèrement au départ des côtes surtout si la mer est agitée. Mais ça fini par passer complètement. Je prends quelques pilules avant de partir et je prépare des repas pour deux ou trois jours à l'avance pour n'avoir qu'à réchauffer. J'ai des inquiétudes ou des anxiétés mais pas de peur. Faire de la voile n'est pas plus dangereux que de prendre sa voiture pour aller travailler. J'aime bien avoir une bonne préparation avant de partir et ensuite faire confiance en ce que nous avons fait. De plus, j'ai un AS réparateur et navigateur à bord qui règle tous les problèmes du bateau. Je ne vois pas comment je pourrais m'ennuyer. L'autre jour, j'ai mesuré une tasse de lentilles pour faire une soupe. Avant d'avoir eu le temps de mettre la tasse dans la casserole, une petite vague cochonne est venue frapper le bateau et l'a renversée. J'ai passé des heures de plaisir à jouer à 3552 ramasse! Plus sérieusement, vu que je n'ai pas le mal de mer, je peux me tenir sur la tête si c'est ce qui me chante. Juste préparer la nourriture avec les casseroles qui volent partout prend la plupart de mon temps.
Elle va être bonne la bière sur la terrasse!!!! Si on est capable de se tenir debout! (avant ou après?)

PS Si vous avez entendu une rumeur comme quoi Gaston aurait mis mes bobettes au mat dans le but d'exciter Éole pour qu'il se mette à souffler, c'est vrai. J'ai des photos. C'est ce que ça donne de faire 2000 mn en 30 jours.

Crossing Panama-Hawaii, Arrival

Date: June 6th, 2013, 13h00 Honolulu time
Position in front of Hilo: 19°43,810'N 155°03,721'w
Number of days at sea: 61
Miles since Panama: 5410 NM
Average miles per day: 88 NM

We had to work for this one all the way to the end! It started off well, at least for the first two days when a wind pushed us away from the Panama coast. But after that, light to no winds for the next 50 days. It is always hard to see the boat drift and hear the awful noise from the sails whipping from lack of wind. You get the impression that they will rip or that something will break in the mast. Even with the wind coming from the back, we needed to do lots of sail changing exercise: Raise the main sail, lower the main sail, bring up the spinnaker, bring it back down, set the sails on one side, nope on the other side, no more wind, bring the spinnaker back up, ... However, the scenery with its clouds of cotton, its water of an indescribable blue and its sunny sky made us want to sing the Club Med theme song. For the last 12 days, our speed was much greater. After the dull drum was passed, we had a steadier 15 to 20 knot wind from the ENE with higher gusts. But where they really passed? We were crossed by one stormy cloud after another for the rest of the way. The wind being more at our side, when the gusts would come we would head too much north and when they would die down, too much to the south. We had to constantly adjust our course. No more Club Med weather. We hid inside to avoid the crashing waves and the rain. What has been the most frustrating is that the weather information we were getting didn't reflect reality. The more wind they were saying we were going to get, the less we had. How are we supposed to know where to go to find the wind when the tools are incorrect? Furthermore, the pilot chart for the North Pacific shows that for this time of the year, there is only a 1% chance of running out of wind. Lucky us to be in the 1% in 99% of the time! The weather maps also didn't show the disturbances more to the north. Nonetheless, I'd like to thank all who provided us with information during the crossing; the Réseau du Capitaine trio: Nicole, Pierre and André, Claude (VE2AXY), Gaston's sisters and their husbands: Danielle, André, Nicole and Marcel.
Most of the time, the mood on board was good but we had a couple of crises moments. One night, out of discouragement, we lowered everything and we both went to sleep. We slept so well that we missed our radio contact the next morning. You might ask: What about other boats? What other boats? Except for one night where we ended up surrounded by fifteen Japanese fishing boats, we barely notice the existence of any other vessels. We mostly take turns to stay awake so we can adjust the sails. We did however have the visit of a nice big shark, a dozen dolphin whales, a huge heard of dolphins and some rainbow coloured Mahi-Mahis swam next to the hull. For another 24 hours, we headed for the Marquises. Totally fed up of not having any wind for 40 days, we decided to give up. But then the wind came back and we saw a window to cross the dull drum. We also figured we couldn't let all that hard work go to waste. The mistake we often make is to have a schedule. If we only had to get to Hawaii, we wouldn't care that it takes 60 days to get there. However, if we need to get to Hawaii, visit, get the boat ready and leave again to get to Alaska before July to avoid the typhoon season knowing that there isn't much of a point in going to Hawaii if we can't get to Alaska then it's another story. It adds more stress to the situation and makes the dull drum much harder to take. Our stay in Hawaii will be a short one.
The good news is that we have suffered no injuries, diseases or any major breaking of equipment. Our radar has been working on and off. We are in contact with a supplier in Honolulu to get replacement parts. It wasn't needed for this crossing but will be very useful close to the Alaska coasts because of a high risk of frequent fog. Right after leaving the dull drum, we had to sponge out the water in the hold every hour. We discovered three water entries. The first is a recurring issue and is the propeller shaft seal. It's not an ideal installation and we will look into changing the system shortly. In the mean time, Gaston did a bit of acrobatics to change it. Good thing we had an extra one on the shaft. We discovered that a vent on the hold pump circuit would leak when we list on the port side (we don't often apparently). To avoid any further leaking we simply clogged it since the circuit exit already has a vented loop. Finally, a hose clamp on a pipe of the pump that empties the kitchen sink was broken and has been replaced. The hold has been dry ever since. The barnacles which we have renamed the ta-barnacles (in reference to the French Canadian swear word "Tabernak") have from lack of Bidule moving at the speed of light, stuck themselves to our hull. Not only do they reduce our speed but they are clogging all of our through hulls. The intake for the toilet is particularly hard to pump. This is despite a recent coat of anti-fowling paint. Gaston declared war and attacked them using a scraper tied to the gaffe but they are stronger than him.
We had plenty of electricity. Our wind generator can be transformed into a hydro generator so we put that in the water. With the wind in our back, it is more efficient in the water with only 3 knots of speed. Combined with our solar panels, we had enough juice to make juice... I mean water. Our small fresh water maker gives us enough for our daily use if we stay in economy mode which means that bodies, dishes and clothes are washed in salt water. Since we don't completely trust this machine because brook once on the way to Brazil from Senegal, we also hid bottles of mineral water a bit everywhere. We carried so much food on board before leaving that our floating line went down. We haven't had anything fresh in many weeks but we still have food left. Worst off, we could of opened the lift raft to get to the sea biscuits. The fish didn't bit except for one at the beginning. We were going so slowly that they had time to check out the lure and start laughing. Gaston, the super hunter, harpooned three of the Mahi-Mahi that where swimming on the side of the hull. For the diesel, it's not complicated, we don't have any left. We used some up to go get some wind at the beginning of the crossing. Then, we tried a first attempt to cross the dull drum close to 130?W but the zone changed to stretch more north while we were crossing and counter current combined with the barnacles reduced our speed to 3.5 knots so we gave up and headed west. Finally, we saw another opportunity to cross the dull drum which turned out to be the good one. We let the engine take us as far as it could before it choked. We kept our 4 gallon spare jerry can for the port entry only.
Above, I tried to answer all the questions we received via email during the crossing but I kept my favourite for last. This one was addressed to Gaston and they wanted to know how he managed to convince me to sail the more than 5000 miles to get to Hawaii. I have a little secret to share; going to Alaska was my idea. I wouldn't be in a good position to complain that it is taking too long now! I love the sea and feel comfortable on it. I don't have much merit anyway because I don't seem to suffer from the same issues that many women on boats have told me they have: sea sickness, fear and boredom. For me, a light sea sickness only happens the first couple days if the sea is agitated. After that it disappears completely. So I prepare enough meals in advance so I just have to warm them up and take a couple of pills. I get anxious or worried but I don't fear sailing. It's not as dangerous as taking a car and going to work. I like to know that we have prepared as best we can before leaving and then trust in the work we have done. Furthermore, I have an ace repair man and sea man on board to take care of the boat. I don't see how I could get bored. The other day, I measured a cup of lentils for a soup and before I had time to finish taking off the lid, a nasty wave came crashing on the boat sending the lentils everywhere. I had hours of fun picking up each one out of the cracks on the floor. Seriously, since I don't get sea sick, I can stand on my head if that is what I feel like doing. Just taking care of the food with the pots flying all over the place takes up most of my day.
The beer on the terrace will be soooo good!!! If we can stand up! (Before or after?)
PS If you have heard a rumour that Gaston may have put a pair of my underwear up on the mast in the hopes of exciting the god of wind Eole into blowing harder, it's true. I have pictures. That is what happens when doing only 2000 nautical miles in 30 days.